VILLAGE GANAGOBIE

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VILLAGE GANAGOBIE

Jeudi 06 Juin 2024

Aujourd’hui pour notre rando zen du jeudi nous allons à Ganagobie qui est composé de plusieurs villages et hameaux. Nous sommes 11, nous remontons l’effectif, c’est mieux. Donc pour situer Ganagobie en partant du nord vers le sud :

Pont-Bernard, partagé avec la commune de Peyruis, proche de la ligne de chemin de fer, est à une altitude de 390 m ; le village chef-lieu est installé sur une ligne de crête au nord-est du plateau de Ganagobie, à une altitude de 530 m ; Le Belvédère est au sud du bourg de Ganagobie sur un replat à 570 m, au bout de la route goudronnée qui part de Pont-Bernard ; l’abbaye de Ganagobie, sur le plateau, à 650 m. C’est le principal attrait touristique de la commune. Nous débutons notre rando du village de Ganagobie et montons en direction du prieuré par un chemin qui peut impressionner : la haute falaise parait ici bien fragile avec ses énormes blocs rocheux tombés en masse et qui nous entourent. Lorsque le pied de la falaise n’est pas recouvert d’éboulis ou de végétation, sa partie marneuse est facilement érodée d’où la grande baume sous laquelle passe le sentier menant du village au plateau. Une source pérenne alimente un lavoir au nord-est du prieuré ; en période pluvieuse, l’intérieur des baumes suinte : la molasse calcaire aquifère emmagasine l’eau puis la restitue un peu plus bas. Une végétation bien verte et de la mousse couvrent l’intérieur de la baume. Nous débouchons au pied du Monastère où furent découvertes les plus anciennes traces d’occupation du plateau. En effet, celui-ci fut habité dès le néolithique (environ 2 500ans avant J.-C). Au Ier siècle avant J.-C, les Sogiontii (peuple gaulois dont la capitale était Sisteron) s’y installent et construisent un oppidum dit « barré » car il suffisait pour le protéger de barrer l’accès sud du promontoire défendu naturellement par des falaises sur les autres côtés. Aux alentours du VIe siècle, deux fermes occupent le plateau, une à l’emplacement actuel du monastère et l’autre à Villevieille. Puis vers l’an mil un village s’organise sur ce même emplacement, mais l’époque n’est pas sûre : pilleurs, brigands et autres détrousseurs hantent la région. Très rapidement (début du XIIIe siècle), il est fortifié par le rempart encore visible aujourd’hui. Le village est définitivement abandonné vers le milieu du XVe siècle.

Le monastère, rattaché à Cluny, vit le jour il y a 1000 ans. Une communauté de moines bénédictins de Hautecombe s’y est réinstallée en 1992 et qui, après des années d’abandon, a restauré les lieux sous la conduite des Monuments historiques et grâce à un puissant mécénat. Surplombant la vallée de la Durance du haut de son plateau boisé, le monastère bénédictin Notre-Dame de Ganagobie, fondé au Xe siècle par l’évêque Jean II de Sisteron, est réputé pour ses mosaïques médiévales. Ces dernières, situées dans l’abside central de l’église, constituent un véritable joyau de l’art roman. Réalisées au XIIe siècle, ces remarquables mosaïques polychromes, d’influence orientale, sont ornées de motifs géométriques et d’animaux fantastiques. Autre merveille à découvrir, le magnifique portail de l’église, avec son tympan sculpté représentant le Christ en Majesté. Nous repartons sur le plateau de Ganagobie, celui-ci longe la Durance et la domine de ses 350 m. Il présente les dispositions d’un podium, une scène théâtrale, que souligne le nom médiéval du lieu : podio Ganagobie.

Le plateau se scinde en deux parties :

– A L’Est, côté Durance, le « pays habité », conquis par le christianisme et qui abrite le prieuré.

– A l’Ouest, le « pays vide ». Dieux ne mettait personne à sa gauche.

Les anciens disaient que ce côté du plateau, constitué d’une chênaie, hébergeait toujours les puissances naturelles des premières religions. C’est pour cette raison que l’on ne s’aventurait dans le pays vide qu’en cas d’extrême nécessité. Cette chênaie est constituée majoritairement d’Yeuse. On parlera donc d’yeuseraie. Les chênes yeuse se distinguent par leurs petites feuilles caoutchouteuses et griffues qui ne tombent pas en hiver. Un tel chêne peut dépasser les dix mètres. Mais il a souvent l’aspect d’un arbuste sombre et buissonnant. C’est le chêne typique de la forêt méditerranéenne dont il a presque totalement disparu, victime de défrichement et de surexploitation. Des temps des romains jusqu’au XIXe siècle, l’yeuse tint lieu de charbon et de pétrole. On la dépeçait pour les besoins des tanneries. Nous sommes donc ici, sur ce plateau isolé en présence d’un biotope intact ! Ville Vieille (castrum de Podio en 1206). Ce village ne fut occupé que sporadiquement, d’abord vers l’an 1000, pendant les terribles guerres locales consécutives à l’effondrement de l’empire carolingien, puis de nouveau aux XIIe et XIIIe siècles, période faste du monastère. A l’extrémité Nord du plateau, se trouvent les vestiges d’un village fortifié sur sa partie Sud et fermer le plateau d’Est en Ouest. Le reste du village était naturellement protégé par les à-pics vertigineux limitant le plateau. Cette muraille fait 120 m de long. A son extrémité Ouest se trouve une tour circulaire dont il reste la base. En son centre est érigé un donjon-porte. A sa droite à l’Est on peut voir une grande salle ressemblant à une chapelle. Il s’agit en fait de la salle des gardes (fin XIIe). Du village qu’abritait cette imposante muraille, il ne reste presque rien, sinon quelques vestiges de caves voûtées et de bas de murs. Le reste n’est qu’amas de pierres moussues sous un épais couvert végétal. A l’extrémité Nord/Ouest du village en bordure du plateau, se trouvait une tour de guet ronde offrant une vue à 180° de la montagne de Lure, en passant par la vallée de la Durance et jusqu’à l’extrémité Nord du plateau de Puimichel. Il n’en reste presque rien aujourd’hui. On trouve cependant deux petits cairns bâtis sur ses ruines (voir les photos). Notre petit goûter du jeudi pris dans un cadre splendide et après visite de tous ces lieux chargés d’histoire, nous redescendons vers nos véhicules qui nous attendent bien au chaud. Nous avons marché 5 kms pour 230 m de dénivelé. Merci Jany pour cette belle promenade dans l’histoire.

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