SUR LE PLATEAU DE SAULT
10-06-2025
Bonjour tous les randonneurs,
Petit nombre aujourd’hui, 7 drôles de dames pour découvrir ce plateau de Sault au départ de St Trinit.
Dieu a voulu nous nous faire un cadeau et a déposé, à l’arrondi d’un ressac du plateau, un petit village d’un calme extraordinaire. Quelques maisons aux joues roses, les sonnailles d’un troupeau qui battent des tambours voilés à la lisière des lavandes, le chant des vents apaisés, la tendresse d’une chapelle de poupée St Roch construite en 1632 et la pierre ronde d’une église romane de la Sainte trinité XII°s, distillent l’image de la plus absolue fragilité – aucun rempart, aucun fossé, aucune falaise ne protègent cette pacoule (village isolé) – et un sentiment de sécurité que rien n’explique, si ce n’est sa beauté.
Saint Trinit est un acompte sur notre part de Paradis.
Saint Trinit est un minuscule village, 120 h, installé paisiblement à la frontière du Vaucluse et des Alpes de Haute Provence au milieu des superbes paysages du pays de Sault.
Nous nous dirigeons par un petit chemin caillouteux puis par un sentier ombragé vers le trou de l’Eimine, un panneau informatif en très mauvais état nous donne quelques explications sur ce trou. En surface et en sous-sol, l’eau chargée de gaz carbonique dissout la roche calcaire creusant en surface des fentes (lapiaz) et entraînant la formation de dolines, de grottes et d’avens. Les eaux de pluie et de ruissellement chargées de gaz carbonique s’infiltrent dans les cassures du calcaire les élargissant petit à petit. Ainsi se forment des réseaux souterrains de puits et de galeries qui convergent en profondeur vers de véritables rivières souterraines. Ces cours d’eau qui drainent les massifs calcaires du Ventoux, des Monts de Vaucluse de la Montagne de Lure se dirigent vers un exutoire unique qui est Fontaine de Vaucluse, plus importante résurgence d’Europe occidentale. De temps en temps, l’effondrement d’une doline forme un aven. Cette doline mesure 60m de diamètre pour une profondeur de 15m environ. Nous bifurquons entre champs de céréales diverses et chemins boisés pour retrouver une petite route que nous traversons sans aucune gêne. Nous retrouvons un chemin un peu caillouteux qui va nous amener dans le bois du Defends, se dit d’un bois dont l’entrée était défendue aux troupeaux. De ces forêts étaient tirés certains des meilleurs bois du royaume pour construire la flotte de la Marine Royale sous Colbert. Quadrillé de chemins, le Bois du Défends est aujourd’hui un lieu idéal pour les promenades en famille. Il réunit une grande variété d’arbres (chênes, pins sylvestres et pins noirs, châtaigniers, bouleaux, hêtres) et abrite un hippodrome, le plus haut de France (800 m d’altitude). Par des allées cavalières nous parvenons à l’aven du Deffends.
Spéléo à l’aven du Défens.
Vingt minutes de marche et perdu dans le bartas (buissons, taillis), entre deux rochers une petite entrée en plan incliné donne sur le premier puits de 12m, qui s’ouvre sur une belle salle avec de belles concrétions et des racines qui pendent jusqu’au sol…. Après une étroiture qui passe bien même pour les corps chenus on descend dans un puits de 14m. En remontant on fait la petite escalade qui permet d’accéder à une salle supérieure où on a pu admirer un esturgeon fossile et un poisson chat.
De celui-ci nous repartons toujours au travers de ce bois magnifique entrecoupé de chemins où il ne faut pas se perdre. Pour ce faire, Cathy depuis notre départ avait organisé un peu comme un jeu de piste, la lecture de notre circuit sur une carte IGN. Tout le monde a pu ainsi se familiariser avec tous les points de repère situés sur une carte pour éviter de se perdre. Une excellente idée pour agrémenter notre randonnée, marcher tout en s’amusant. Reprenons notre marche, par une sente très étroite nous descendons vers Aurel qui apparait soudain. Odile propose d’aller manger notre piquenique au restaurant le relais d’Aurel moyennant boissons, frites et desserts. Ce fût très inattendu mais fort sympathique. Repartons sur notre circuit tout en visitant Aurel. Médiéval et minéral, ceinturé de montagnes paysannes où les routes claquent comme de longes de fouet, planté sur une lande inclinée, tapi du Plateau par un ressac de colline, caparaçonné de toitures serrées les unes contre les autres, surveillant de ses multiples fenêtres le passage vers Montbrun, Aurel est le portail du pays de Sault face aux Baronnies. Aurel 186 h, surnommé le village des peintres il a inspiré de célèbres artistes provençaux parmi lesquels René Seyssaud et Pierre Ambrogiani au XXe siècle. Le long des ruelles et placettes pittoresques se dégagent des maisons anciennes ornées de beaux encadrements en pierre, attestant de l’origine médiévale du village. De cette période, il reste quelques traces du château du XIIIe siècle : la tour carrée, ancien donjon primitif, et son enceinte polygonale percée de meurtrières. L’église St Aurèle, du XIIe siècle, est couronnée par un clocher carré recouvert de tuileaux vernissés. Au-dessus des jardins se trouve un lavoir du XIXe siècle restauré avec goût. A la sortie de notre visite une petite côte nous attend, il fait très chaud. Heureusement l’ombre réapparait au grand soulagement de tous. Nous traversons un bois assez insolite par ses pancartes de part et d’autre du chemin du domaine de la Caviotte dont la fréquence de pose des panneaux rappelle la nature privée dont la propriété et l’usage revient à l’ASPAS, association drômoise de protection des animaux sauvages. Je pense à l’une de leurs Réserves de Vie Sauvage, ces espaces rachetés par le collectif – 1307 hectares actuellement, essentiellement dans la Drôme – où, pour reprendre leurs termes, la Nature peut s’exprimer pleinement et librement. Nous nous trouvons au milieu de châtaigniers, pins, chênes dont de majestueuses essences multiséculaires forcent l’admiration. A la sortie du chemin de la Burlière qui signifie blanchisserie, une fontaine nous apporte un peu de fraicheur, pas pour longtemps entre champs et route à traverser, nous avons cherché l’ombre. Enfin le dernier chemin nous ramenant à St Trinit fut, lui, très ombragé. Une halte au cimetière pour admirer de superbes cêdres, nous retrouvons nos voitures bien chaudes. Petit goûter avant de prendre le chemin du retour.
Nous avons marché 13 kms 5 pour 250 m de dénivelé. Nous remercions Caty pour cette merveilleuse journée.
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Merci à Caty K. pour ce très joli circuit – Merci à Cathy D. pour son reportage détaillé et photos

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