Sortie Mane-La Chapelle Saint Jean Saint Michel et retour le 12/06/2018

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Nous nous sommes retrouvés une petite quinzaine de marcheurs au départ de Mane, la journée s’annonce pleine de lumière, juste quelques nuages qui donneront du relief aux prises de vue.

 

Partis du parking de la maison de pays, nous passons devant le prieuré de Salagon qui est le plus important prieuré de l’abbaye Saint-André de Villeneuve dans le pays de Forcalquier.

 

Au XVe, le prieur était même si épicurien qu’il fit transformer son logis en petit palais de style renaissance. Restauré vers 1561, abandonné et transformé en granges et greniers, racheté par le curé de Mane qui y installa une communauté de Cisterciennes (1865), vendu et transformé en ferme, réquisitionné par les italiens durant la seconde guerre mondiale, Salagon est enfin redécouvert par Pierre Martel qui en fait le sauvetage à partir de 1955.

 

Nous continuons en traversant le hameau de la Laye puis par un petit chemin nous nous arrêtons un moment pour admirer le jardin de Pierre Boutteau où des sculptures en fer de récupération de grande taille sont alignées.

Poursuivant ainsi notre route nous parvenons à la communauté de Châteauneuf qui fut réunie à Mane au XVe siècle et fut le siège d’un prieuré de Saint-André de Villeneuve en même temps que ceux de Mane. L’église est dédiée à Notre-Dame de l’Assomption et est établie sur un site antique. La construction d’origine fut remaniée au XIIIe siècle. L’édifice se compose d’une nef unique de deux travées terminées par une abside en hémicycle appareillée en cul-de-four et éclairée par une baie axiale. L’ermitage aux côtés de l’église fut construit au XVIe siècle.

 

Traversant la végétation sur les hauteurs nous conduisant au quartier d’Aurifeuille à St Michel l’Observatoire, site occupé au néolithique, la tradition populaire y a placé une fabrique d’armes gauloises en bronze. D’autres traces d’occupation dès l’antiquité y ont été trouvées. Vers 1045, on trouve un hameau, villa de Fuzilis dont il ne reste aujourd’hui que la chapelle. De nombreuses tombes truffent le sous-sol alentour. Le site a peut-être été occupé jusqu’au Haut-Moyen-âge, ce qui expliquerait la création du prieuré rural médiéval qui jouxte la chapelle. La chapelle Saint-Jean-de-Fuzils date du XIIè siècle, la façade porte la date de 1783 correspondant à la date de sa réfection. Dans le bois gravé au-dessus de la porte, l’inscription en latin contient une faute d’orthographe mais se comprend fort bien : « Sancte Joanne Bapti(s)ta ora pro nobis ». La porte extérieure de l’ermitage porte une élégante accolade à trois pointes. L’ermitage, appartenant d’abord à l’abbaye de Saint-Victor, au XIIè siècle, Saint-Jean de Fodils ou de Fusilis comptait, parmi les possessions de l’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, tout comme l’église paroissiale Saint-André, le prieuré de Salagon à Mane et Notre-Dame de Châteauneuf. Depuis une porte située à l’intérieur de la chapelle, on accède à l’ancien ermitage qui accueillit aussi bien des religieux que des laïcs, jusque vers 1850 . L’ermite faisait la cuisine en bas et dormait à l’étage. L’association a reconstitué avec beaucoup de réalisme l’environnement du dernier ermite : rideaux de coton épais, lit et table de bois, chapelet et missel, et même les ventouses pour se soigner ! Dans une niche du couloir d’accès à l’étage, un peu de matériel pour se laver.

Suite à des recherches aux archives, il a été retrouvé la trace d’un ermite, simple laïc, se nommant Jacques Rochon. Sa mère s’appelait Anne-Marie de Bosque et son père Jean-Baptiste Rochon. Son frère Gabriel était prêtre. Son père est mort en 1690 et sa mère en 1703. Il serait enterré ici. Nous avons eu droit à la visite richement commentée par la dame des lieux.

 

Dans le parc ombragé, sous les tilleuls en fleurs (imaginez le parfum) nous avons échangé le verre de l’amitié et dégusté notre repas, un pur bonheur que ce moment. Nous sommes repartis en direction de St Michel l’Observatoire, après un arrêt devant le lavoir de la Marceline, autrefois « Lavoir affecté aux maladies contagieuses » ; les lavandières des hospices avaient autrefois un emplacement réservé pour laver le linge des personnes atteintes de maladies contagieuses ou épidémiques (telles que dysenterie, choléra,…), généralement à l’extérieur du village. Dans le lavoir de 1908, au bout de la rue Saint-Pierre, était donc écrit « Défense de laver du linge des malades sous peine de procès-verbal »,

 

nous empruntons le chemin de Saint-Michel à Mane, qui entre rapidement dans les bois. Au loin, le moulin récemment restauré, trône fièrement sur sa colline. La carrière de la Roche Amère sur fond de ciel bleu nous apparait dans toute sa forme singulière. Quelque temps plus tard nous apercevons derrière les arbres un bout de mur : celui de la tour de Porchères, cette tour est impressionnante par sa taille et romane par son style. Certainement bâtie au XIIIè siècle, au cœur d’une exploitation où vivaient plusieurs familles, elle constitua un des éléments de guet d’un dispositif, s’étendant de Céreste à Forcalquier. Un panneau devant la tour nous rappelle que lors des heures noires de la deuxième guerre mondiale, la tour servit de point de ralliement de la Résistance et fut le site de parachutages de la Section Atterrissages-Parachutages entre mars et août 1944. Cette section S.A.P. avait été réorganisée par Paul Rivière dont il resta le chef jusqu’à la Libération.

Nous continuons notre boucle en sous-bois, notre regard est attiré par des pierres colorées de la carrière de pierre de Mane, légèrement ocrée, réputée pour sa régularité et la dureté de son grain, sa résistance au gel. Cette carrière a été exploitée au XVII°, elle faisait partie de la pierre du midi, cette pierre a été largement exploitée par les Hommes à toutes les époques, si bien qu’elle est devenue un emblème de l’identité tricastine. L’appellation « pierre du Midi » est donné à un calcaire sédimentaire datant de la période miocène. Après avoir admiré les graffitis sur les pans de murs rectilignes de la carrière, nous repartons vers le Pont Roman de Mane d’époque éponyme il servait à traverser la Laye, qui coule plus modérément qu’avant pour rejoindre la halte sur les routes de pèlerinage que constituait Salagon. Tout d’abord doté d’une seule arche, le pont fut agrandi au XVIIe siècle et doté de deux « terrasses » ou becs. Aujourd’hui en lieu et place de l’ancien relais de poste, qui fut aussi a-t ‘on pu lire hospice, se trouve L’hôtel du Mas du Pont Roman.

 

Nous repartons à nouveau et repassons devant le prieuré de Salagon pour regagner nos véhicules.

Encore une belle journée, bien remplie, riche d’histoire et de découvertes dans des décors magnifiques, nous avons marché 15 km et dénivelé 430 m.

 

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Nous remercions Jacky de nous avoir conduit sur ce tracé qui nous rappelle combien notre région est riche de patrimoine.

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