Sortie du Mardi 18 Avril 2017

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Le groupe de 21 marcheurs se retrouve au pied de ces géants pour attaquer la montée par la chapelle St Roch, le chemin vient d’être refait, les marches sont un peu hautes ce qui nous fait faire un peu d’exercice dès le départ.

Nous montons progressivement en plein cœur des pénitents jusqu’au col, la vue durant l’ascension est impressionnant.

Nous poursuivons jusqu’à San Peyre sur une sente agréable bien abritée du vent, puis direction la Haute Montagne. Arrivés au sommet de notre itinéraire nous profitons d’un champ pour faire la pause pique-nique.
La descente vers Malijai s’avère un peu périlleuse mais nous arrivons à bon port pour suivre le canal qui nous ramène auprès des Pénitents dont nous longeons les pieds avant de retrouver nos véhicules .
Cette sortie est assez atypique pour une randonnée de basse altitude puisque nous montons tout le matin pour redescendre l’après-midi et finir sur du plat. Tout la montée de la journée à faire d’un coup donne un sentiment de fatigue plus important qu’un même dénivelé coupé de descentes, mais qu’importe nous sommes des marcheurs que diable et nous ne reculons jamais lorsque nous devons faire un effort.

Encore une super journée dans un cadre magnifique, merci de m’avoir accompagnée durant cette marche. Nous avons fait 12,5 km pour 600 m de dénivelé.

 

A l’époque médiévale, la ville était fermée par un rempart dont il subsiste encore quelques portes (porte St-Christol, porte Baudouine, porte Bertrand de Bras).

Les Mées, en provençal Lei Meas de l’occitan meya, qui signifie meule de blé, pour désigner les Pénitents

Du confluent de la Bléone à la rive gauche de la Durance, le pays des Mées est tout entier dans cette vallée, bordé de plateaux, marquant les passages de la Durance au cours des temps géologiques. Les premières traces de civilisation découvertes jusque-là, remontent au néolithique, époque où les hommes deviennent paysans ou bergers et se sédentarisent.

Les celto-liguro gaulois ont vu arriver les romains, qui pour communiquer à travers leurs empire ont tracé des routes, telle que la voie domitienne reliant l’Italie à l’Espagne qui passe sur la rive droite de la Durance.

Dès le cinquième siècle, pour se protéger des invasions, les habitants se regroupent au flanc des rochers autour de la chapelle Saint-Roch. Des églises se construisent ainsi que deux prieurés (aujourd’hui disparus). Reste la première église paroissiale appelée aujourd’hui Saint-Roch ainsi que Notre-Dame de l’Olivier érigée au quinzième siècle.

En 1350, le territoire des Mées est inféodé par la reine Jeanne à Guillaume Roger de Beaufort. Les guerres de religions entraîneront de graves destructions. En 1562, l’église Saint-Félix est rasée, Notre-Dame de l’Olivier en partie brûlée et le château détruit en 1575. Au cours de ce XVIe siècle, la communauté va racheter tous ses droits. Libérée, dès 1574, elle élit un député pour la représenter à l’assemblée des états de Provence.

Dès lors, la paix revenue, la ville ne cesse de se développer au-delà de ses remparts. Mais une menace naturelle pèse sur la ville et elle est ravagée, lors des gros orages, par le torrent de la Combe. La communauté, avec l’aide financière de Benoit Salvator, se lance entre 1782 et 1788 dans le percement d’un tunnel « la mine » à travers les rochers sur 300 mètres finissant par un barrage, chantier utopique et qui grèvera les ressources de la province dont l’efficacité était loin d’être parfaite. Finalement, ce n’est qu’à la fin du XIXe, que le problème sera simplement résolu par le reboisement des collines environnantes.

Pendant ce siècle, la densité de la population atteint son maximum et toute la terre est mise en culture. C’est ainsi qu’au domaine de Paillerols est installée la ferme école départementale enseignant les nouvelles techniques où entre 1865 et 1870 Louis Pasteur séjournera pour ses recherches contre la maladie des vers à soie. Et pour faciliter les communications, un pont sur la Durance est construit en 1843.

De nos jours, les bonnes terres alluvionnaires et l’irrigation en pleine essor, font du pays des Mées un territoire agricole productif (pommes, abricots, pêches), sans oublier les oliviers, implantés au départ par les romains, dans les terrains perméables et secs au pied des collines, et sur les hautes plaines, les champs de lavande, de sauge et d’hysope alternant avec le blé et l’orge, qui sont un ravissement de couleurs et de senteurs vers la saint Jean.

La légende des Pénitents :

Les rochers des Mées avec leur alignement et leur forme n’ont pas manqué d’intriguer les hommes. Aussi, les poètes et les conteurs s’en sont donnés à cœur joie. Voici la légende des pénitents…

« Cela se passait au temps où les sarrasins envahissent notre pays. Quelques seigneurs du voisinage dont Rimbaud des Mées décidèrent de les attaquer. Par une nuit sans lune, les seigneurs eurent raison des envahisseurs. Mais, au matin, quel ne fut pas leur étonnement lorsqu’ils trouvèrent dans une grande chambre, sept belles mauresques effrayées qui demandent grâce. Il n’était pas question de les tuer, les chevaliers ne tuent pas les dames. Et il fut décidé que Rimbaud se chargerait de les expédier par radeau sur la Durance jusqu’en Arles. Il rentra chez lui avec ses captives, belles mauresques aux grands yeux noirs, qui ravivèrent en lui des passions bien humaines. Prétextant la grosseur de la Durance, il repoussa le départ des belles et ce qui se passa dans sa maison pendant ces jours, personne ne le sut jamais. Mais, la situation tourna vite au scandale et le prieur de Paillerols décida d’aller parler à Rimbaud. Il fut renvoyé sans ménagement. Alors, pour avoir la paix et fuir la « gent féminine », jalouse du pouvoir de ces femmes à la peau presque noire, il décida de changer de lieu et vint s’installer aux Mées dans son château. Mais, cela fut vite découvert et le prieur de Paillerols, avec le prieur de saint Michel cette fois, revint à la charge. La conversation fut animée, et le prieur, à bout d’arguments, brandit l’arme de l’excommunication. Rimbaud comprit là qu’il s’attaquait à plus fort que lui, et malgré sa peine car il s’était attaché à ses belles mauresques, il céda. Le prieur, tenant sa revanche, décida que les sarrasines seraient conduites à la Durance le dimanche suivant. Ce jour dit, la population rassemblée sur les chemins, et les moines de Paillerols et de saint Michel sur les collines un peu plus haut, regardèrent les sept mauresques sortir du château. De profonds murmures d’admiration couraient dans les rangs… et chez les moines, les coeurs battaient sous les scapulaires. Qu’allait-il arriver ? Le danger était latent. Mais, de l’autre côté de la Durance, le grand saint Donnat, l’ermite de Lure surveillait ses ouailles et comprit que la situation était grave. Aussi, pour préserver du pêché les moines, il prit l’initiative de les pétrifier tous sur place dans leur robe de bure. Et aujourd’hui encore, on peut voir le prieur qui a conservé sur sa poitrine sa croix ». Bien entendu, c’est une légende.

Le Dimanche 25 août 1968, Yves T. voit arriver dans son jardin quatre ou cinq jeunes gens avec des sacs, des cordes, des piolets. Ils partent voir le site [de la croix]. L’un d’eux descend en rappel dans la gorge proche de la croix mais il ne peut pas aller très loin. Ils reviennent la semaine suivante.
> A neuf heures ils commencent la descente dans la gorge proche de la croix et lorsqu’ils atteignent son niveau, Claude D. crée une voie horizontale pour la rejoindre, mais la pluie les oblige à reporter l’expédition au lendemain ; finalement, il verra : deux poutres en bois s’entrecroisant à quelques 70 cm du fond de la niche, […] Ce sont deux tiges droites de 3 à 4 mètres de long paraissant avoir appartenu à de jeunes arbres. […] Rien ne relie ces deux poutres […]. La niche minée par les infiltrations aqueuses présente quant à elle, […] une sorte de galerie surplombant une ancienne plateforme à l’horizontale des rochers pouvant correspondre à une ancienne vire taillée dans la roche.

Qu’est-ce que fiche cette croix là-haut, qui l’a posée, quand et comment ?

Le 10 juin 1994, d’autres grimpeurs mieux équipés se rendent discrètement près de la croix, en prélèvent des échantillons mais ne font parvenir aucune conclusion : l’énigme subsiste.

17 août 2015 : dans une conférence tenue aux Mées, Bruno Paul, docteur en chimie, récupère le morceau et l’analyse en 2014. La croix daterait de la fin du VIIIè siècle ! Reste à expliquer comment elle y a été placée à 65 m d’altitude…

 

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