MINI SEJOUR COLMARS LES ALPES – GORGES ST PIERRE

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MINI  SEJOUR COLMARS LES ALPES – GORGES ST PIERRE les 27 et 28 août 2019

En cette fin de période estivale 11 courageux ont repris du flambeau. Sophie nous fait un compte rendu très précis :

 1er jour.

Nous sommes donc partis vers 8 h. Premier rassemblement à Malijai, puis arrêt à Barême où nous avons pris un café avec des croissants et arrivée à Colmars les Alpes vers 10h30.

Passage à l’office du Tourisme puis petite rando vers la Cascade de la Lance où Agnès et Jean-Pierre se sont baignés !! malgré l’interdiction!! Repas à l’ombre sur le chemin du retour. Le temps était agréable. Retour à Colmars où nous avons repris un café sur la place Saint Joseph. Visite de la ville de Colmars puis de la maison musée avec un tour sur les remparts. Très interessant. Montée au fort de Savoie. Nous avons ensuite fait nos courses pour le repas du lendemain.  nous avons rejoints notre hôtel  » le Martagon » à. Villars Colmars. Après avoir récupéré nos chambres, nous avons fait la connaissance de Marc notre guide pour le lendemain. Apéritif et diner très varié, copieux, de qualité, apprécié de tous.

2ème jour 

Le lendemain après un très bon petit déjeuner nous avons rejoint Beauvezé où nous avons retrouvé Marc. Nous avons commencé à marcher vers 9h10 et fait de nombreuses haltes pour écouter les explications de Marc sur la géologie, la flore et la faune. Le temps était moins beau que la veille mais idéal pour randonner. Le sentier le long des gorges est magnifique et ne présente aucune difficulté si ce n’est qu’il faut faire très attention où l’on pose les pieds ….

C’est au Plan de Villars Heyssier qu’aboutissait la célèbre carraire des troupeaux transhumants d’Arles ; les pâturages y étaient loués aux propriétaires de troupeaux ; de là, les moutons se séparaient pour rejoindre leur pâturage respectif. Le chemin avait été fait fin XIX pour la transhumance et que maintenant il était surveillé chaque printemps pour les randos. Quelques parties de GR l’utilisent encore mais aucune ne va directement au Laupon comme les moutons autrefois. Nous prenons le sentier des gorges creusées par un affluent du Verdon, le Ravin de Saint-Pierre ; le torrent a mis à nu des matériaux fortement plissés. Les hauts sommets périphériques forment des montagnes aux formes douces et érodées. C’est là que le spectacle commence, par un sentier aérien ; au premier pont de bois, une cascade dégringole sur des marches de pierre ; nous sommes alors enfermés dans un cirque rocheux aux nombreuses couches feuilletées. Au départ, le sentier permettait aux habitants d’accéder à leurs pâturages ; puis il a été élargi et consolidé pour servir au transport à dos d’ânes des plants forestiers venant des pépinières de Congerman ;  il zigzague, au bord d’un à-pic de plus en plus impressionnant à droite ; on passe parfois sous une vire rocheuse taillée dans la roche ; on aperçoit au loin l’étroit sentier qui semble disparaître dans le vide dès le prochain virage ; mais ces passages ne sont pas risqués par temps sec. Il y a autant de hauteurs rocheuses au-dessus de nous qu’en dessous ; à certains endroits, je pense que les gorges peuvent atteindre 200 m de hauteur. Plus on avance, plus le paysage rocheux est tourmenté, plus les gorges sont profondes : d’un côté une rive droite chaude et aride, de l’autre, une rive gauche humide et fertile, donc très boisée (pins sylvestres, pins à crochets, alisiers,…).  Et pourtant seules quelques mètres séparent les deux rives ! Bientôt on ne verra plus le fond. Un mur de soutènement admirablement bien construit consolide le sentier muletier qui servit aux ouvriers chargés du reboisement. Un regard rapide derrière nous vers Beauvezer : dans une étroite fenêtre, un bout de la montagne de Chamatte apparaît sur fond de ciel bleu.

Le torrent dégringole en une succession de cascades, rythmée par les plis géométriques de la roche calcaire. Des grottes se cachent dans l’ombre ; des oiseaux s’amusent dans le canyon. Quelques fleurs peu habituelles me rappellent qu’ici elles ont bénéficié de conditions particulières dues à leur isolement.Au niveau du pont qui traverse le ravin, la balade grimpe continuellement vers les cabanes de Congerman : c’est la partie la plus dure mais entièrement dans la fraîcheur des sous-bois.  A partir de 1500 mètres les forêts de résineux et de mélèzes signent la présence de la moyenne montagne. Après plusieurs larges lacets, nous sommes en vue des trois cabanes ; le gîte Retrouvance de l’ONF, autrefois maison forestière de Congerman, servait d’hébergement aux équipes de planteurs lors des grands travaux de reboisement des terrains en montagne à la fin du XIXè. Dès le moyen âge, le commerce du bois a transformé le Haut-Verdon en terres gastes ; les pâtures sur pente raide sont ravinées. Si aucun arbre ne retient les eaux des torrents, celui-ci détruit tout sur son passage. Des pépinières de mélèzes avaient été installées autour des bâtiments. Ce gîte construit à la fin du XIXe siècle offre silence, ambiance forestière montagnarde et possibilités de randonnées vers des panoramas exceptionnels. Altitude 1850 m. Nous sommes arrivés à La Cabane de Congerman un peu avant midi et nous avons mangé sur des tables. Le temps se gâtant un peu Marc nous a conseillés de rentrer par le même chemin sans faire la boucle par Chabanal. Les gorges dans l’autre sens paraissent bien différentes mais toujours aussi impressionnantes.

Nous avons fait un arrêt pour aller à la chapelle Saint Pierre (Jacky, Marie et Christian ont gardé les sacs). Un sentier balisé conduit jusqu’à la chapelle Saint-Pierre, blottie à l’entrée des gorges. Parvenus au niveau du toit, nous descendons encore un peu pour découvrir l’entrée sous le portail ; à travers l’œilleton, je reconnais au-dessus de l’autel, un tableau avec Saint-Pierre tenant une grosse clé, et Saint-Paul. Dès le XIIIè siècle, des moines vivant dans des grottes auraient bâti la chapelle de Saint Pierre. Plus tard y vécut un ermite.

Nous sommes revenus aux voitures à 15h. Nous n’avons pas eu de pluie.

Encore merci Jacky de nous avoir organisé ce petit séjour. Nous avons bien ri, l’ambiance était très détendue. Une randonnée exceptionnelle de beauté, impressionnante et digne de concurrencer les gorges du Verdon, avec la sensation d’une région préservée que les amoureux de la nature apprécieront.

Un mot de votre guide Marc :

Bonjour Jacqueline et à vous tous,

Voici les photos prises lors de notre escapade dans les Gorges de Saint-Pierre, en espérant qu’elles vous plairont !

p.s. : c’était vraiment un groupe de onze personnes très sympathiques lors de cette sortie avec lesquelles il a été très agréable de randonner !

A bientôt pour de nouvelles aventures en montagne, randoterresdazur@orange.fr

Marc

 

Voir les Photos

 

Un peu d’histoire sur ce beau village de Colmars les Alpes :

Village de montagne bordé par les eaux tumultueuses du Verdon, Colmars-les-Alpes se caractérise surtout par sa belle architecture militaire classique. Il la doit à son rôle de clef de voûte du système défensif français à l’époque où la frontière était à deux pas du village.

Au Moyen-Âge, Colmars-les-Alpes est une communauté prospère qui jouit d’un statut de franchise communale. L’industrie drapière qui fera la renommée de la haute vallée du Verdon jusqu’à la fin du XIXème siècle est florissante. La laine est fournie par les nombreux troupeaux ovins qui fréquentent les pâturages venant de Basse Provence par les « drailles » de transhumance.

Colmars ville frontière

En 1388, Allos et Barcelonnette passent à la Savoie et Colmars-les-Alpes devient ville frontière. Elle est alors protégée par une première enceinte médiévale dont François 1er, lors de ses guerres contre Charles Quint, améliorera le système défensif.

C’est surtout à la fin du XIVème siècle que le village sera doté d’un ensemble de fortifications plus développé qui lui donnera son aspect actuel. L’époque est alors troublée. Avec l’adhésion Victor-Amédée à la ligue d’Augsbourg en 1690, c’est la guerre entre la France et la Savoie.

Louis XIV charge Vauban d’étudier un système de défense pour renforcer la frontière. Priorité est donnée aux deux redoutes destinées à surveiller les ponts : au sud une simple redoute de plan carré le Fort de France et au nord le Fort de Savoie beaucoup plus vaste.

Un passé militaire

Quant à l’enceinte de Colmars-les-Alpes, elle connaîtra quelques transformations vers 1691-1692 (construction de tours bastionnées), mais restera sans grands changements à partir du XVIIIème siècle. A l’intérieur de l’enceinte, poudrière, place d’Armes, restes de tours crénelées, témoignent encore du passé militaire du village.

La vie cependant ne se résumait pas à la défense des frontières : depuis le Moyen-Âge, tout un peuple paysans, de bergers, d’artisans et de commerçants vivaient dans les murs, marquant de ses activités quotidiennes l’architecture de la ville : maisons en hauteur (trois ou quatre étages), toitures en bardeaux de mélèzes, rues pavées de galets du Verdon.

La vie religieuse intense de la cité a aussi laissé de nombreux témoignages d’un grand intérêt : le joli campanile de ferronnerie de la Chapelle notre Dame des Grâces, surmontant un clocheton de tuiles vernissées nous rappelle que ce village montagnard appartient bien à la Provence.

Encore un super séjour que Jacky avait organisé, nous ne pouvons que regretter de n’y être pas allés, dommage pour les absents. Les données de la rando : 10 kms 500 et 560 m de dénivelé. 

 

A bientôt, vive la rentrée comme les scolaires.

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