MANE – PITAUGIER

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MANE – PITAUGIER 

Jeudi 5 décembre 2019

Nous partons de Mane, nous sommes 6, montons par la rue des Escaniers pour rejoindre l’ancienne voie ferrée. En 1857, la France possède déjà 8 700 km de voies ferrées exploitées, mais le département des Basses-Alpes n’a toujours pas de chemin de fer. Ce n’est qu’en 1867 qu’une première section de voie ferrée de Pertuis à Volx est approuvée1. La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), entreprend les travaux ; le 8 juillet 1872 le train arrive à Volx, il atteint Sisteron le 25 novembre. En 1881 a lieu la déclaration d’utilité publique de la ligne de Forcalquier à Volx, « par ou près Mane et Saint-Maime-Dauphin ». La gare de Mane entre en service lors de l’ouverture de la ligne par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) le 25 octobre 1890. Une carrière située à Mane participait au trafic de marchandises5. La pierre tendre, « molasse » pour les géologues, qui porte le nom commercial de « Roche de Mane » a été utilisée pour la construction de lignes de chemin de fer, et notamment pour celle de Forcalquier à Volx. En 1929, les trains les plus rapides mettaient 9 minutes à relier Mane à Forcalquier (4 kilomètres environ), et 7 minutes pour parcourir le trajet de Mane à Saint-Maime-Dauphin (3 kilomètres environ). La ligne ferme au trafic des voyageurs, semble-t-il en 1933, fermeture rendue définitive le 2 octobre 1938.

Nous quittons notre voie ferrée pour grimper sur un chemin dominant et longeant la zone de Pitaugier, la vue est surprenante de part et d’autre. Par un contournement vers Forcalquier et traversant une demeure, la ferme de la Margotte, au sud de Mane, acquise durant la guerre par Giono pour nourrir sa famille et des réfugiés qu’il ne cessa d’héberger, nous avons poursuivi notre retour par un chemin de campagne plein de quiètude. Retour sur Mane par la rue Grande, ancienne route royale d’Apt à Forcalquier, rue très moyenâgeuse.

 

Au regard de la préhistoire Mane est un site jalonné de vestiges, d’aqueducs et nécropoles. Au surplus, la plupart des toponymistes estiment que la localité a tiré son nom de celui de la déesse romaine Mana Genita, qui présidait aux funérailles. Les titres de Mane ont un degré d’ancienneté très respectable puisque c’est vers l’an 55 de l’ère chrétienne que Rome a porté vers son site un choix impérial, celui d’y créer un marché provincial (Forum Neronis) qu’il fallait placer à proximité convenable de la via Domitia, laquelle traverse la commune.

Le haut Moyen Âge dota le site de tout, ou presque, ce qui fait aujourd’hui sa haute valeur architecturale.

Deux silhouettes l’identifient : l’une, la Citadelle, bâtie au XIIème siècle est l’unique fortification féodale demeurée intacte dans la Haute-Provence ; l’autre est son clocher si caractéristique et récemment restauré.

Le village est perché sur une butte de safre. 19e s. Mane est renommé pour sa faïence.

Les Manarains sont surnommés «  lei manjo can  » = les manges-chiens car durant l’insurrection de la Commune , certains d’entre eux mangèrent un chien dans un banquet républicain.

Une vaste fontaine est construite contre la façade de l’hôpital,(hospice St Joseph)  avec une niche placée sous deux colonnes ioniques. L’hôpital lui-même, construit en 1710, est offert par le cardinal de Forbin-Janson (dont le tableau de la fin du XVIIe siècle, classé monument historique au titre objet, est conservé dans l’hôpital. Fontaine de 1909 aujourd’hui.

L’église paroissiale Saint-André, du XVIe siècle possède une façade baroque, encadrée de deux portes monumentales. Le chœur est de style gothique (croisées d’ogives), comme le bas-côté sud. Le clocher-tour, construit contre le chœur, haut de trois étages, date du XVIIe siècle. La chapelle des Pénitents blancs, Notre-Dame-de-Pitié, est construite dans le style classique. Sa nef est plafonnée ; la façade occidentale notamment offre un portail à fronton du XVIIe siècle. Elle est surmontée d’un clocher-mur. Avec l’église paroissiale toute proche, la place et la calade qui les séparent, elles sont inscrites monument historique.

 

Petite randonnée très sympathique de 7,5 km et 156 m de dénivelé.

 

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Bon weekend et à bientôt.

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