LE CRASH DE L’AVION – LE PETIT CHAVON
14-10-2025
Dommage le ciel a oublié de nous envoyer toute sa lumière, la fraîcheur du matin nous rappelle que l’automne commence à s’installer, nous sommes 12 pour découvrir ce lieu historique.
Perdu au fond d’un vallon, à la limite de deux tout petits villages des Alpes de Haute Provence, ce qui reste de cet avion a été transformé en monument du souvenir, le sentier mène à la bergerie du Jas d’Aubert et à l’est au lieu-dit Plan Chavonnet ; personne ne songerait donc à en faire un but de balade s’il n’y avait cet avion anglais. Un premier panneau de bois au Petit Chavon, marqué ‘avion’ est censé nous aider ; en vérité, il nous fait douter : pas de distance, pas tout à fait conforme.
Nous passons devant le lavoir dans le sentier qui descend dans le vallon les couleurs chaudes d’automne sont là. Après la route, c’est une piste forestière sans difficulté. Au carrefour de pistes nous retrouvons le modeste panneau de bois signalant l’avion. Puis un autre grand panneau « ABATTEUR » nous précisant le terrain le terrain de largage en 1944.
La piste caillouteuse traverse un bois de chênes et descend dans le ravin du Bousquet, piste facile même si elle n’est pas particulièrement agréable ; bien avant d’arriver, nous apercevons la stèle dans le fond du vallon. Sur place, une sculpture rustique rassemble les débris de l’avion calcinés et écrasés.
Une petite plaque au sol indique l’endroit où a été retrouvé chaque corps. Un panneau indiquant ‘cimetière’ indique sans doute l’endroit où les résistants ont enseveli les restes des aviateurs juste après le crash. En septembre 1944, leur dépouille a été transférée au cimetière anglais de Mazargues à Marseille.
Les circonstances détaillées du drame, lues sur place, ne sont pas tout à fait les mêmes que celles qui nous ont été données lors de la balade à thème sur les traces de René Char, mais elles n’ont pas d’importance ; ces anglais sont morts lors d’une opération ayant pour but de libérer la France.
J.L. Delattre, historien chercheur, confirme :
LES CINQ AVIATEURS BRITANIQUES TOMBES LE 10 MAI 1944
Le 10 mai 1944 aux environs de 2 heures et demi, un bombardier Wellington (Type 440B Mark X), s’écrasait dans les bois de Chavon, au fond du Vallon du Plan Chavonnet.
Les cinq hommes d’équipage étaient tués sur le coup. L’appareil prenait feu très rapidement et quelques heures après, cinq cadavres dont quatre carbonisés étaient retirés de la carcasse fumante. Les corps furent inhumés peu après sur les lieux mêmes de l’accident. Ils furent transférés, à l’initiative de la R.A.F, dans le cimetière militaire américain de Draguignan le 22 septembre 1944.
En 1947, ils furent inhumés dans le cimetière de Mazargues, près de Marseille, où ils reposent encore.
Au voisinage immédiat de l’accident, se trouvait un terrain utilisé par la Résistance, pour des parachutages d’armes destinés aux maquis de la région.
Une mission de reconnaissance de la R.A.F effectuée au mois de février 1944 avait permis de retenir le site, et le terrain (nom de code « Abatteur ») avait été mis en service au mois d’avril. Les parachutages étaient effectués par des avions britanniques basés en Algérie et en Angleterre. La Section Atterrissage et Parachutage (SAP R2) de Simiane assurait la réception et le convoyage des armes vers le maquis. Elle était composée de 7 hommes : Raoul Aubert, Edmé Carretier, Héloïs Castor, Kléber Guillermin, Pierrot Inderkumen, Léon Michel et Norbert Vincent.
Ses chefs étaient :
– au niveau départemental : le capitaine Alexandre (Le poète René Char, décédé en 1988)
– au niveau régional : « Archiduc » (Camille Rayon)
L’ensemble dépendait du réseau « Jockey » sous l’autorité de Roger (Françis Cammaerts), Officier britannique du SOE et membre du réseau Buckmaster.
Pour la nuit du 10 mai 1944, des messages de Londres retransmis sur la BBC ; « L’étoile filante repassera » et « Arnold vend des chèvres », avaient annoncé deux parachutages. La radio avait confirmé la venue des avions. Vers minuit, les sept hommes de la SAP R2 avaient allumé trois balises en ligne sur « Abatteur ». Le mulet « L’Ami » était là avec son tombereau, ainsi que le chien « Negro ». Précieux auxiliaires, les animaux repèrent souvent avant les hommes, le bruit des moteurs d’avion.
Alors que l’équipe attendait depuis bientôt deux heures, un avion s’approcha et passa au-dessus des têtes ; ce n’était pas le quadrimoteur attendu, mais un bimoteur. Les résistants pensèrent alors que l’aviation allemande avait repéré le terrain et se cachèrent pour éviter d’être pris sous le feu de la Luftwaffe.
L’appareil passa au-dessus d’eux, fit demi-tour sans tirer sur eux, revint ; il émit un message en morse avec son feu de position, apparemment en anglais, mais personne ne put le comprendre. Les hommes le virent dériver sur l’aile droite puis ils entendirent les moteurs tourner à fond, le pilote essayant manifestement de redresser l’appareil. Puis ce fut l’explosion. Selon les mots d’Edmé Carretier « Un fracas inhumain, un bruit sourd, la terre qui tremble sous nos pieds » ; puis le silence, puis « une lueur, un éclair fulgurant, des flammes gigantesques » ; l’appareil était en feu et l’incendie éclairait comme en plein jour, au milieu d’explosions. Les hommes coururent d’abord éteindre les balises puis se rapprochèrent comme ils purent de l’appareil.
La chaleur était accablante. Au milieu du brasier, les balles sifflaient en passant par-dessus les têtes et allaient ricocher sur les pierres ; les hommes étaient « écrasés par la peur, la face contre terre qui venait de tuer » et attendaient ; avec les premières heures de l’aube, ils aperçurent les cocardes britanniques sur ce qui restait de l’appareil. La carcasse continuait de fumer ; des balles explosaient toujours ; tout autour le sol était jonché de débris. Il se dégageait une fumée noire et nauséabonde. Ils découvrirent à l’avant « quatre corps entre les moteurs, broyés, calcinés, momifiés. L’un d’eux, le navigateur, brûle toujours par le nombril, comme une bougie » ; puis à l’arrière, celui du mitrailleur « visage très jeune tourné vers le ciel, jambes disloquées ». Sa plaque d’identité est intacte – toutes les autres ont fondu – Eric Howell. Il avait essayé en vain de sauter en parachute et c’est dans ce même parachute qu’il fut enseveli le matin. Les restes calcinés, des quatre autres aviateurs, furent ramassés à la main, puis inhumés dans un demi container. On retrouva le boîtier de montre du pilote dans son bras carbonisé.
L’équipe de la SAP R2 avertit le Capitaine Alexandre (René Char) qui vint vers midi de Céreste, arrêter avec celle-ci les mesures à prendre. Devant la tombe où venaient d’être enterrés les aviateurs, après un moment de silence, il eut ces mots :
« Mes amis, nous avons actuellement trois mois de vie devant nous ».
Les temps étaient durs pour la résistance et la répression nazie implacable.
Il fallait éviter que l’occupant ne découvre pas les restes de l’appareil, ce qui aurait compromis le terrain et le dépôt tout proche où étaient stockées les armes provenant de précédents largages, sans compter les risques de représailles pour les fermes voisines. La carcasse de l’appareil fut cassée à coups de pic et ses débris dissimulés sous des branchages. Il fallait s’assurer que personne ne parle, la région étant étroitement surveillée par la Milice et la gestapo. Comme l’a rapporté Mr Castor : « Bavards et indiscrets ont parfois été priés de s’éloigner et de se taire. Il y allait de notre vie et celle des fermes voisines ».
Personne n’a parlé ; les Allemands n’ont pu localiser « Abatteur » et les parachutages ont pu se poursuivre jusqu’au mois d’août 1944. Fait exceptionnel si l’on tient compte de la dureté de ces temps, durant toute son activité sur le site, la SAP R2 de Simiane n’a perdu aucun homme. La chance.
Le silence est retombé sur le vallon de Plan Chavonnet, mais pas l’oubli ; les membres de la SAP R2 ont pris l’habitude de se réunir chaque année pour commémorer dans la discrétion la tragédie du 10 mai 1944, soudés par la solidarité des années de clandestinité et les épreuves partagées.
Le silence, règle d’or de la résistance, n’a plus lieu d’être : il cède peu à peu place à la volonté de mieux connaître notre Histoire. Le cinquantième anniversaire de la tragédie, célébré avec un soin particulier en 1994 a permis de faire la clarté sur l’accident. Des contacts au Royaume Uni et en particulier avec l’un des pilotes de l’unité engagée dans la même mission que l’avion accidenté, Ken Dunn, ont permis d’identifier les membres de l’équipage et de retrouver leur famille. Il s’agit de :
– Flying Officier John HUGGLER, pilote
– Flying Officier Harry LANE, navigateur
– Flight Sergent Neville GREEN, radio/mitrailleur
– Sergent Walter JACKSON, bombardier
– Sergent Eric HOWELL, mitrailleur
L’appareil, un bombardier Wellington, N° LP 180, équipé d’une bombe de deux tonnes, faisait partie des vingt bombardiers du Squadron 40 qui devaient cette nuit-là prendre part à une mission de bombardement de la gare et de l’usine d’armement de Portes-lès-Valence où étaient fabriqués des équipements pour les V1. A cette époque en effet, les allemands avaient recommencé à frapper Londres.
Partis de Foggia en Italie, les appareils s’étaient posés pour se ravitailler à Ghisonaccia en Corse, puis ils avaient repris leur route. Le Wellington, piloté par John Hugler, a dû être touché par la flak allemande, probablement aux approches du Cap d’Antibes. Des impacts de balle ont été retrouvés sur le capot d’un des moteurs. Il aurait alors largué sa bombe en mer pour éviter les victimes civiles. Poursuivant sa route, il aurait aperçu les balises d’Abatteur et tenté de se poser.
Une stèle érigée sur les lieux mêmes de l’accident a été inaugurée le 11 octobre 1945. Elle porte cette inscription « Aux cinq aviateurs de la Royal Air Force, tombés le 10 mai 1944 pour le triomphe de la Liberté. Simiane reconnaissante ». Cette stèle é été taillée et gravée par Emile Thomas. Elle a été financée personnellement par les membres de la SAP de Simiane et par les contributions de Simianais réunis autour des instituteurs laïques, Mme et Mr François Roche. C’est monsieur François Roche qui est l’auteur de cette inscription portée sur le monument. Déplacés puis révoqués par Vichy, Mr et Mme Roche ont été réintégrés fin septembre 1944 à la demande de la résistance de Simiane
Une plaque commémorative a également été placée à l’endroit où ont été enterrés les aviateurs. Elle porte une citation de René Char ; « Résister c’est espérer ».
La commune exprime aujourd’hui sa reconnaissance aux cinq aviateurs de la RAF tombés au Champ d’Honneur, le 10 mai 1944. En inscrivant leur nom sur le monument aux morts, Simiane les accueille au côté de ses fils morts pour la Patrie au cours des deux guerres mondiales.
En nous permettant d’honorer le souvenir de leurs camarades de combat britanniques, les membres de la SAP R2 de Simiane accomplissent un ultime devoir, celui qui consiste à témoigner devant l’Histoire.
Simiane le 11 novembre 2002.
C’est à l’initiative de Jean-Paul MONNIER président de l’Amicale des Médaillés Militaires du Pays d’Apt que se déroule tous les ans une cérémonie commémorative à laquelle participent les associations patriotiques du Pays d’Apt pour :
Nous restons là un certain temps, Jacky nous raconte l’histoire dans les détails. Mais il faut repartir notre randonnée n’est pas terminée. Nous suivons un chemin, ou ce qu’il en reste, entre coupé d’un lit de ruisseau très caillouteux et très plat dans le fond de ce vallon pendant quelques KMS. Le soleil est apparu pour nous éclairer et nous chauffer durant notre déjeuner. Tout le monde à trouvé un siège de fortune. Il faut repartir à nouveau le vallon s’élargit, laissant apparaitre des grottes assez profondes pour certaines. Nous traversons quelques clairières et parvenons à la ferme du petit Noé, un comité d’accueil de chiens de protection nous font comprendre que nous ne sommes pas les bienvenues. Les propriétaires fort sympathiques nous ont laissés passer, nous les avons remerciés très chaleureusement.
Découverte de la ferme du Petit Noé et de leur Banon AOP
Dans le panorama varié des producteurs de fromage, la Ferme du Petit Noé se distingue par son engagement envers les traditions fromagères authentiques et son choix de vie résolument tourné vers l’agriculture responsable et passionnée. La Maison SAFF-Bruel, est partie à la rencontre de Chaynese et Alex, producteurs du célèbre Banon AOP, dans leur ferme située dans les pittoresques territoires des Bouches-du-Rhône.
Chaynese et Alex, le dynamique duo à la tête de la ferme, ont plongé dans le monde de l’agriculture avec une vision claire : élever des chèvres et produire un fromage d’exception, le Banon AOP, reconnu pour sa qualité et son caractère. Originaires respectivement des quartiers Nord de Marseille et de Luynes, ils incarnent la passion et le renouveau de la ruralité française, prouvant que le retour à la terre est non seulement possible, mais aussi enrichissant.
Nous continuons notre chemin en remontant tranquillement sur un très beau sentier vers notre destination finale Petit Chavon est une localité et a une altitude de 828 mètres. Petit Chavon se trouve à proximité de la localité de Grand Chavon, ainsi que du village de Simiane-la-Rotonde..
Nous avons parcouru 12 kms et 260 m de dénivelé.
Une belle randonnée enrichissante sur notre passé historique, merci à tous d’avoir supporté ces cailloux pas toujours agréables. A bientôt pour d’autres lieux.
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Cathy D.

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