LE CONTADOUR

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 Vous étiez 20 il a fait un temps superbe, un peu frais le matin mais chaud ensuite et sans vent.

Vous avez accueilli deux nouveaux, Brigitte et Jean-Yves.

Vous êtes allés perturber par vos bavardages le calme de ces grands espaces, le côté sauvage, ensuite, presque désolé, d’où se dégage une impression de solitude (il me semble vous entendre). Ses pierres, bien entendu, sa rocaille mais aussi ses vieilles bergeries de pierre sèche, émouvantes et magnifiques, qui furent utilisées jusqu’au début des années 50 et qui jalonnent la marche sous un ciel pur. Les histoires de bergers et la troublante quiétude ont inspiré l’écrivain, enfant du pays. Jean Giono ne s’y était pas trompé, lui qui s’y rendait souvent depuis son Manosque natal. Il en fit le décor de son roman Le Hussard sur le toit ainsi que, plus tard, celui de Crésus, film méconnu qu’il tourna avec Fernandel et qui lui valut l’admiration de la Nouvelle Vague.Vous n’êtes pas ici dans une Provence de tutu panpan. Vous n’aurez pas de cyprès, pas de ciel vraiment bleu, pas de tambourinaires. Je vous donne l’aridité et le vent. Giono s’adressant à ses comédiens. En 1935, lors d’une randonnée en compagnie d’un groupe de communistes conquis par son œuvre, il s’y blessa au genou et toute la troupe stoppa là pour une semaine. L’expérience de vie au grand air, à philosopher et refaire le monde, fut si exaltante que le groupe finit par acheter un moulin et une vieille ferme pour y organiser, deux fois par an, les Rencontres du Contadour, auxquelles participaient essentiellement des intellectuels parisiens proches de Giono. Véritable terreau du pacifisme de l’écrivain, formidable conteur par ailleurs, ces rencontres, et les Cahiers qui en furent tirés (textes, poésies, dessins…), furent paradoxalement interrompus en 1939 par une guerre mondiale qui semblait inéluctable et avait tant occupé les discussions du Contadour. Aujourd’hui, loin de la rumeur du monde, ces plateaux désertiques et venteux, paradis des contemplatifs, semblent encore parler de paix. C’est le royaume des bergers, de la lavande et des pins ; les monuments qui jalonnent l’itinéraire parcouru rappellent l’histoire et l’actualité de la vie pastorale toujours vivante de cette région ; monuments constitués de jas construits en pierres sèches (dont le jas des Terres du Roux classé monument historique), de bories et de cairns imposants. Depuis les crêtes de la Montagne de Lure, le sommet de Larran, auprès du cairn nommé « Le Pape » le panorama, au nord, est de toute beauté avec au pied de la crête le village de Montfroc dans la vallée du Jabron, si l’on élève son regard en se tournant sur la gauche le Mont Ventoux, puis les Préalpes, le Vercors, le massif des Ecrins et le Mercantour. Une impressionnante sensation d’être sur le toit du monde, rien ne peut vous atteindre et cela fait du bien.

 

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Encore une belle journée où vous avez parcouru 13 km et fait 400m de dénivelé, il faut remercier Jacky pour cette randonnée, elle a eu un temps idéal.

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