LA BASTIDE DES JOURDANS LE COLOMBIER
MARDI 02-12-2025
Nous partons à 7 fidèles compagnons en direction du Luberon sud pour nous arrêter à la Bastide des Jourdans (castrum de Bastida 1239). Ce nom de bastide se retrouve plus souvent dans le nom des villages du sud-ouest. Un peu décalé du vieux village, l’église du XIIIe, agrandie et remanié aux XVe et XVII siècles, est devenue l’église Paroissiale Saint-Pierre aux Liens.
Dominé par les vestiges d’un château du XIIIe siècle, date à laquelle fut fondé le village par le Comte de Forcalquier, La Bastide des Jourdans doit son nom à Guillaume et Pierre JOURDAN dont le patronyme se lia à celui du lieu “Bastida“ qui signifie fortification rurale.
Les deux chevaliers avaient été nommés par le Comte pour établir sur ce territoire un poste de péage à destination des marchands circulants entre Forcalquier et Aix-en-Provence. Plusieurs traces du passé confèrent à ce village fortifié, perché à 428 mètres d’altitude, un charme et un caractère particulier. Le Château, en 1236 le Comte de Forcalquier fait donation du château en faveur de ses vassaux Pierre et Guillaume JOURDAN.
En 1388, le château servait de refuge à un tiers de la population qui ne trouvait pas de place dans le village fortifié en cas de danger. Un inventaire dressé en 1555 donne l’image d’un édifice assez pauvre et qui a conservé sa dimension et sa structure médiévale. La base de la tour ronde et des murs nord et ouest, date du château d’origine (XIIIème siècle, celui des frères Jourdans). Du château original on peut voir la tour carrée et le donjon circulaire. Les ruines ont été rachetées à la fin du XIX° siècle et restaurées dans la forme actuelle (qu’on pourrait croire fidèle à l’originale).
La tour carrée et le corps de logis sont de la fin du XIVème siècle et début XVème siècle. De 1530 à 1790, les familles des Astouard et des Coriolis vont se succéder et embellissent la construction. Le dernier Seigneur Joseph DE CORIOLIS meurt en 1784.
A la fin du XIXème siècle, il est racheté par un peintre et notaire (ancêtre du propriétaire actuel) qui le restaure dans sa forme actuelle. Des fontaines, il y en a : la fontaine de la Jeanne érigée vers 1793 avec une magnifique statue, la fontaine à colonne place de la République, la fontaine basse qui est en fait un lavoir à trois bassins et aussi le bassin à la Porte Fiol.
Et au milieu coule une rivière : l’Eze qui prend sa source à la Bastide-des-Jourdans pour confluer la Durance.
Nous traversons le village tout en le visitant rapidement. ce village chargé d’un riche passé historique mériterait beaucoup plus d’attention mais notre but est de randonner. Nous remontons vers la chapelle Notre-Dame de la Consolation la plus jolie chapelle, à côté du vieux village, surmontée d’une cloche encore plus belle que celle citée précédemment et avec une croix qui se dresse fièrement devant. Nous descendons un peu et nous sommes surpris par une odeur d’œuf pourri, une source y coule. Ho l’odeur ! nos narines se débouchent. Cette « source » est un des trois forages creusés par EDF, en 1952, pour connaître le sous-sol avant la réalisation d’un petit barrage en amont. Celui qui concerne la source a une profondeur de 140 mètres. C’est un forage artésien d’où l’eau jaillit spontanément, sans pompe et par pression. Elle délivre une eau très particulière, riche en hydrogénocarbonate de sodium (bicarbonate de soude), en chlorure de sodium (sel), en fluor et a aussi une légère odeur d’œuf pourri, montrant un dégagement d’hydrogène sulfuré. C’est une eau minérale qui fut utilisée pour soigner des maladies de peau. Attention, elle est impropre à la consommation. Étonnant : beaucoup d’eaux souterraines autour de La Bastide sont plus ou moins originales. Certaines contiennent du fluor, anormal en région non volcanique, d’autres sont très salées, d’autres tout simplement carbonatées et potables… Ces eaux souterraines différentes sont parfois séparées de moins d’une centaine de mètres.
Comment expliquer cela ?
Par la présence de roches très particulières en profondeur, appelées « évaporites » (gypse, sel gemme…). Ces roches se sont déposées il y a 30 millions d’années par évaporation successive de tranches d’eaux dans des immenses lagunes, comme dans des marais salants naturels. Elles se sont accumulées sur des épaisseurs considérables (3000 mètres à Manosque dont 800m de sel gemme). Les eaux qui circulent en profondeur ont lessivé ces couches et se sont chargées de sel, de soufre, de sodium, de fluor…
La différence entre ces eaux s’explique par les multiples couches d’évaporites dans le sous-sol sur lesquelles l’eau circule.
Le barrage
En amont du parc de la source, EDF a édifié en 1953 un barrage « en terre » qui semble avoir servi de modèle réduit pour celui de Serre-Ponçon. C’est en fait, comme lui, une digue à cœur d’argile et parements en enrochement. La cuvette en amont est rarement en eau car le vallon n’a pas de débit permanent en ce lieu.
Petite visite de celui-ci, enfin débute notre marche, le chemin en pleine végétation agricole nous conduit très vite sur un sentier boisé, ainsi nous allons contourné la colline de Piégros et en faire tout le tour. Tout d’abord nous arrivons près d’une superbe demeure, un étang de toute beauté nous rend admiratif. Nous continuons notre chemin avec une petite montée sans difficulté qui nous amène sur un point dominant. Le Luberon et la vallée de l’Aigue, la vue est magnifique. Nous redescendons gentiment par des sentiers sans pierre, d’ailleurs nous n’en avons pas eu beaucoup depuis notre départ, nos chevilles sont aux anges. Nous rejoignons la route qui relie Grambois à Beaumont de Pertuis sur une sente qui la longe, découvrons une ancienne carrière de pierre qui sera notre salle à manger, magnifique endroit, tout le monde a droit à sa chaise. Cette carrière de St Léger à Grambois servie à construire la verrerie de la Bastide des Jourdans . Un peu de repos, nous repartons toujours sur cette sente idéale pour marcher magnifique sentier bordé de fougères et d’orchidées qui attendent le printemps pour fleurirent. Nous retrouvons la route de Grambois un court instant et remontons vers le signal de Piégros, la vue est magnifique nous apercevons au loin vers l’est Montfuron, Manosque et nos Alpes enneigées et baignées de soleil, nous redescendons tranquillement vers notre point de départ tout en finissant notre visite du village. Remarquons aussi l’imposant beffroi de 18 mètres de haut surmonté d’un campanile. Édifié sur une butte entre 1620 et 1632, il abrite les cloches de la paroisse et l’horloge communale.
Dommage que le soleil ne soit pas au rendez-vous, une légère brise assez froide ne nous a pas lâché et le pas est resté assez soutenu pour nous réchauffer. Nous avons parcouru 14 kms sans difficulté pour un dénivelé de 360 m. Bravo à tous, merci d’être présent à mes côtés. Pour nous réchauffer nous voulions aller boire quelques choses mais hélas tous les commerces étaient fermés. Ce sera pour une autre sortie.

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