ESPARRON DE PALLIERES A SAINT MARTIN DE PALLIERES
28-10-2025
Nous voilà à Esparron de Pallières, beau parking, toilettes propres, petit rebord pour s’assoir, c’est le luxe. Nous sommes 12, le temps est magnifique, une belle journée s’annonce.
Nous débutons notre marche sur un peu de goudron, puis c’est un beau sentier qui s’ouvre devant nous en monté très douce en chênes et garrigues. Nous arrivons sur une route peu passante que nous traversons, petit arrêt devant un oratoire sans ornement, nous rentrons dans le village par le haut, et découvrons le château de Saint Martin de Pallières avec émerveillement. Mentionné pour la première fois en 1055, le castrum de Saint-Martin de réduisit longtemps au bâtiment central actuel. C’est au début du 17ème siècle que Pierre de Laurens acquiert la terre de Saint-Martin, après que s’y soient succédées plusieurs des plus grandes familles de Provence. Il transforme la forteresse médiévale en une belle demeure de villégiature. Pour cela, la bâtisse est parée d’une façade en pierre de taille et d’une porte sculptée de motifs et de mascarons allégoriques. Au début du 18ème siècle, Marguerite Adélaïde de Laurens épousa Gilles Dominique de Boisgelin. C’est encore à cette famille qu’appartient le château aujourd’hui. Nous osons une intrusion dans le parc du château puis prenons une petite route pour trouver un endroit agréable pour nous restaurer. Après un peu de repos nous reprenons notre route et partons à la découverte de la grotte du belvédère, d’abord nous passons sur un promontoire, la vue y est extraordinaire, en face le château de la Verdière domine le haut du village, à droite c’est le village de Varages, à gauche Ginasservis et Saint Julien de Montagnier, du côté de Digne et plus à l’est encore, le Chiran et le Mourre de Chanier, en prime les Alpes enneigées. Il ne manque rien au tableau. Notre recherche fut brève et par une petite sente nous trouvons notre grotte, elle s’enfonce par un long couloir qui semble avoir été taillé en partie par l’homme. Nous refaisons marche arrière pour revenir à notre belvédère et revenons par l’allée cavalière du château. Certaines se sont pris à rêver d’être sur un beau cheval pour rejoindre le parc et les jardins du château ; au terme de colossaux travaux de terrassements, trois allées de buis et d’arbres sont tracées sous l’œil du géomètre expert Ouvière. Une particularité la citerne du château. Cette vaste citerne est construite en 1747 pour répondre aux besoins en eau des jardins du château. Sur plus de 500 m², une forêt de piliers supporte des voûtes en croisée d’ogives. Sa voûte est soutenue par vingt piliers ; elle pouvait contenir 2800 m3 d’eau, soit une piscine olympique de 50 m de long, 25 m de large et 2.20m de profondeur. Lors de sa construction, c’est la plus grande citerne d’Europe. L’édifice est ouvert à la visite. Un village perché, nous entamons la visite du village. L’habitat à Saint-Martin s’est structuré au pied du château fortifié, construit sur un rocher dominant la vue. Cette position offrait à ce lieu une qualité de défense remarquable. Un glacis (pente à découvert précédant la fortification) séparait l’habitat de la plaine. Au 12ème siècle, le village se nommait Saint-Martin de Vans puis devint au 14ème siècle Saint-Martin de Pallières ; les Pallières étant le vaste plateau qui s’étend au sud de la commune, depuis la montagne Sainte-Victoire, jusqu’aux sources du fleuve Argens. A la Révolution, afin d’effacer toute référence à la religion, et malgré les réticences des habitants peu enthousiastes, Saint-Martin devint, pour un temps, Roc Tarpéien ; en référence à la roche Tarpéienne du Capitole à Rome, d’où étaient jetés les condamnés coupables de trahison. L’église Notre-Dame de l’Assomption. Après l’effondrement de l’église primitive en 1688, Pierre Joseph de Laurens proposa de construire une nouvelle église à ses frais, près du château. Il demanda en retour que la communauté participe à hauteur de 600 livres et que sa famille garde une chapelle privée, surmontée d’une tribune offrant un accès direct depuis le château. L’édifice fut terminé en 1690 et placé sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption. L’illustre sculpteur Pierre Puget, ami et concepteur de l’hôtel particulier de Pierre de Laurens à Aix, en aurait dessiné les plans. Elle abrite une copie d’une sculpture de marbre du 17ème siècle, également attribuée à Pierre Puget et un retable de la même époque, en bois sculpté et doré, acquis en 1784. L’eau au village, une fontaine construite à la veille de la Révolution, fut réaménagée en 1885 au bord d’une des principales voies d’accès au village. En période de forte sécheresse, elle tarissait. Il fallait aller à la Grande Fontaine située en contrebas du village. Un petit autel gallo-romain est intégré dans la construction. L’eau fut de tout temps un problème crucial ; les maisons étaient équipées de citernes récupérant l’eau de pluie ou de puits creusés dans les caves ou les jardins. Aller chercher l’eau à la Grande Fontaine était une véritable expédition dont les personnes aisées se déchargeaient volontiers sur les commis. Ils s’y rendaient avec leurs mulets. Cette corvée ne prit fin qu’en 1973 avec l’arrivée de l’eau courante à Saint-Martin, acheminée depuis le Verdon grâce au Syndicat intercommunal. Enfin en 1985, la plaine agricole était raccordée au réseau du Canal de Provence, amenant à profusion à Saint-Martin cette eau qui lui avait tant fait défaut durant un millénaire. Nous descendons de ce perchoir pour retrouver notre chemin du retour nous passons devant le lavoir de Mandine, allons vers Font d’Astier puis Font Couverte, passons sur un gué, découvrons un vieux puits, puis un autre magnifique, le chemin remonte, très rapidement nous revoilà à Esparron. A l’époque gallo-romaine, une villa s’établit au Revest, dans la plaine en contrebas du village actuel. Au Moyen Âge, alors qu’un monastère s’installait au Revest, un habitat se développa au pied d’un castellum, sur un éperon rocheux, à l’origine du nom du village : éperon se dit « esperoun » en provençal. Une deuxième communauté d’habitants se regroupa en amont du monastère avant de disparaître au 14ème siècle. Au 16ème siècle, les d’Arcussia, grande famille de Conseillers à la Cour de Provence, réunirent la seigneurie en une seule. Charles d’Arcussia, fut seigneur d’Esparron et du Revest et grand passionné de chasse à l’aide d’oiseaux de proie. Au 14ème et 15ème siècle Esparron souffrit de nombreuses calamités telles que la peste et le brigandage. Sa population diminua avant de remonter à l’époque moderne. Suite à l’exode rural du 20ème siècle, la population diminua mais depuis le début du 21ème siècle, la population du village connaît un nouvel essor. On compte aujourd’hui plus de 350 habitants. Le château Un premier château fut édifié au 11ème siècle à la pointe de l’éperon rocheux qui surplombe le village. Au 16ème siècle, Esparron-de-Pallières était une co-seigneurie partagées entre la famille de Castellane et celle des d’Arcussia. Ces derniers réunirent les deux seigneuries et construisirent un nouveau château. En 1758, Les Lordoné achetèrent la seigneurie et aménagèrent le château dans le style des hôtels particuliers d’Aix-en-Provence. C’est cette demeure que nous pouvons voir aujourd’hui.
Une randonnée appréciée de tous, merci d’être venu, nous avons marché 11 kms pour un dénivelé de 260 m.
A bientôt pour d’autres découvertes Cathy D.

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