CERESTE – CARLUC

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 CERESTE – CARLUC

Jeudi 10 avril 2025

Nous sommes 11 pour marcher aujourd’hui, nous apprécions tous le retour de Christine qui courageusement est venue se joindre à nous par ce temps printanier. Quelle belle après-midi, une douce chaleur et un léger courant d’air nous donne des ailes pour remonter la route qui nous conduit vers Carluc. Nous quittons la route pour emprunter un sentier au travers d’un bois de chênes verts et retrouvons la route pour nous diriger vers le monastère du prieuré de Carluc.

Certain ont pris le temps de visiter à leur rythme, d’autre en ont profité pour prendre un peu de repos dans ce havre de fraîcheur.  Sur le lieu du prieuré de Carluc se dégage une atmosphère quelque peu mystérieuse et romantique. Promesse tenue en arrivant au prieuré de Carluc : seul, dans un joli cadre boisé, près de la Via Domitia, il était jadis une étape sur la route de Provence qui menait les voyageurs de l’Espagne à l’Italie.

Ancien monastère carolingien et roman, attesté par des documents écrits à partir du XIème siècle mais certainement plus ancienne, cette abbaye connut un rayonnement important jusqu’au début du XIVème : une quinzaine de prieurés étaient alors sous sa dépendance. Ce haut lieu de la vie spirituelle semble exister depuis plus de 2 000 ans et pourrait être un site druidique vu la présence d’une source qui ne se tarit jamais et d’une grosse pierre qui aurait servi d’autel de sacrifice. Il vit l’installation des précurseurs du christianisme (IVème). Ces anachorètes qui vivaient comme des ermites commencèrent à diffuser la nouvelle religion en Haute-Provence, et de nombreux convertis se firent enterrer sur le site près des Saints locaux (présence de nombreuses sépultures anthropomorphes). La charte de 1011 est le premier texte connu qui cite Saint Pierre de Carluc, ainsi qu’Archinric, qui fut abbé de Montmajour quelques années plus tôt. Il existe donc à cette date un prieuré à Carluc. L’ensemble monumental conservé n’est pas antérieur au XIIe siècle. Avant ces constructions nouvelles, le monastère indépendant reçoit d’importantes donations, la plupart des seigneurs de Reillanne. Cet ancien monastère XIIe siècle fut une commanderie templière. Cet enrichissement, ainsi que le rattachement à Montmajour au tournant du XIIe siècle, expliquent sans doute la campagne de construction dont les vestiges révèlent, par leur style, leur proximité avec l’abbaye arlésienne.

Hypothèse de restitution de Jean-Marie Cassend (IRAA / CNRS)

Le monastère connut une nouvelle période d’apogée dans la première moitié du XIVe siècle, pendant laquelle il fut une nouvelle fois rénové. Mais les dépenses liées à l’entretien de ses dépendances et à ses devoirs d’hospitalité entraînèrent son appauvrissement, accru par la grande  Peste après 1348. A la fin du XVe siècle, ses bénéfices ne servaient plus qu’à financer les dépenses des moines de Montmajour. Le prieuré tomba en ruines au XVIIIe siècle puis fut vendu comme bien national après la Révolution. De 1960 à 1970, des campagnes de fouilles exhumèrent le site et révélèrent son intérêt qui fut reconnu officiellement par un classement au titre des monuments historiques en 1982. Transféré aux mains de différents propriétaires privés depuis la fin du XVIIIe siècle, le site appartient à la commune de Céreste depuis 2000.

Le temps passe, nous repartons par un cheminement au-dessus du prieuré, retrouvons un bout de route et quittons celle-ci pour prendre un petit sentier chargé de fossiles. Un sentier plus large nous ramènera à nos voitures.

Une petite randonnée sympathique et tranquille, merci à tous d’être venus, un grand merci à Christine d’avoir réalisé ces 6kms  pour 150 m de dénivelé pour son retour parmi nous.

Cathy D.

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